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Ce n’est sans doute pas le fruit du hasard si, le 29 juillet 1982, Amely D.Amberson voit le jour à Windsor, petite ville d’Ontario, au Canada.
Windsor est en effet située à moins de 30 kilomètres de Detroit, ville d’origine du légendaire label Motown.
C’est pourtant de l’autre côté de l’Atlantique que naîtra la passion d’Amely pour la musique.
Quand, à l’âge de 6 ans, ses parents divorcent, elle suit sa mère (franco-sénégalaise) à Nantes. C’est là qu’elle fera ses études, et là qu’elle apprendra la guitare, sous la houlette de Pape Oumar Ngom (guitariste de Youssoun N’Dour). Elle compose ses premières chansons à 15 ans, dans un style déjà hybride, mélange de folk, de jazz, de blues. Son idole de l’époque se nomme Abbey Lincoln, immense voix du jazz, qui fut aussi l’épouse du batteur Max Roach.
L’été 2003 sera un tournant. Après des années de rapports tumultueux avec sa mère, Amely, sur un coup de tête, fugue à Londres. Elle y rencontre Jonathan Sayles, le chanteur d’un petit groupe de rock aux accents 60’s (Donovan’s reef), et s’installe avec lui. Elle a 17 ans. Devenue choriste du groupe, immergée dans une tout autre culture musicale - qu’elle apprend à aimer -, elle continue d’écrire ses chansons, et commence à les enregistrer.
Deux ans plus tard, nouveau coup de tête : elle quitte le groupe, Londres, et son premier amour, et retourne s’installer aux Etats-Unis avec son père, à Chicago. Elle y fonde son propre groupe, « A&A », une formation musicalement déjà très proche de ce qu’Amely nous propose aujourd’hui : la rythmique est soutenue, trace de son passage à Londres, mais la voix est teintée de jazz, de blues, ce qui confère déjà à l’ensemble un petit cachet « Motown ».
Avec « A&A », Amély écume les clubs de Chicago, dont le mythique « Kingston mines », où elle se produira deux semaines entières à l’hiver 2007. Elle y rencontre le producteur Larry Avenkin, qui lui propose ses services pour enregistrer quelques titres. La session s’avère houleuse : ses rapports avec ses musiciens sont devenus tendus. Ils sont tous plus âgés qu’elle et essayent d’imposer leur « savoir-faire », qui selon elle va à l’encontre du projet.
Amely enregistrera finalement seule tous les instruments, à l’exception de la batterie, dont se charge Avenkin. Cinq chansons sortiront de cet enregistrement, dont « Someday we’ll turn to dust ». Ses morceaux en poche, Amely commence à démarcher. C’est de France que lui parvient son premier retour, une proposition de signature du label MVS records. La jeune femme fait à nouveau ses valises, non sans avoir au préalable organisé deux sessions supplémentaires avec Avenkin : seule à tout jouer, ou presque.
Quelques jours avant son départ à Paris, elle envoie l’album, achevé, à MVS records, accompagné de cette petite note : « Je voulais vous livrer le disque clés en mains. Si vous avez aimé les cinq premières chansons, vous aimerez les cinq suivantes. ».
Une jeune femme de caractère.
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