Lo griyo se définit comme une musique de transe. En cela la formation entend réunir des influences traditionnelles telles que maloya (dont Sami Pageaux-Waro, membre fondateur du groupe, est issu), gnawa, salegy et des courants plus modernes dont le jazz (Luc Joly, l’autre musicien du groupe, en est un diplômé) ou encore la musique électro.
Lo griyo, le griot en créole : une tradition ouest-africaine dont les réunionnais peuvent, en quelque sorte, revendiquer l’héritage avec des personnages comme Gramoun Baba, Lo Rwa kaf, Gramoun Lélé, Firmin Viry et même Danyel Waro ou Alain Peters. Des aïeux, des référents dont la nouvelle génération perpétue la parole, s’approprie le message pour nourrir et construire sa nouvelle identité, son nouvel imaginaire.
Lo griyo à la recherche d’une musique intemporelle, expérimentale, vectrice de transe, un rituel profane pour se souvenir et s’oublier, se rappeler et ne plus retenir…
Sami, percussionniste aventureux évoluant également aux côtés de Nathalie Natiembé (album « Sanker ») ou de Danyel Waro (album «Grinn’syèl ») accompagne ici sa voix d’une kora ou de sanzas (harpe et piano à pouces du griot) et partage son répertoire entre adaptations libres de chants traditionnels et compositions originales incluant des « fonnkers » (poèmes). Solidement épaulé par Luc à la clarinette contralto, aux flûtes, mélodica, saxophones et double saxophone (clin d’oeil à Roland Kirk), il ajoute des pédales qui lui permettent de sampler en temps réel kora, sanzas, voix et autres percussions. Ainsi, en duo sur scène, le procédé crée parfois l’illusion d’entendre un grand ensemble.
Enfin Yann Kosta (de Zong), derrière la console, mixe, manipule toute cette matière sonore à travers des delays dubisants ou des basses synthétiques pilotées par les percussions afin de vêtir Lo griyo de sa parrure électro.